Le paysage des revues scientifiques en Afrique connaît une croissance remarquable, portée par l’essor de la recherche, la multiplication des institutions universitaires et le besoin croissant de valoriser les travaux des chercheurs du continent.
Cependant, de nombreuses revues rencontrent des difficultés qui compromettent leur crédibilité, leur visibilité internationale et leur longévité.
Voici les 10 erreurs les plus fréquentes des revues scientifiques africaines, accompagnées de solutions concrètes pour les éviter.
1. Une irrégularité dans la publication des numéros
Beaucoup de revues publient en retard ou ne respectent pas leur périodicité.
Comment éviter ?
Mettre en place un calendrier éditorial strict.
Automatiser les rappels aux auteurs et reviewers.
Publier en “flux continu” si la revue manque de régularité.
2. L’absence de DOI pour les articles
Sans DOI, les articles restent difficiles à citer et ne sont pas pleinement intégrables aux bases internationales.
Solution
S’enregistrer auprès de Crossref.
Déposer systématiquement les métadonnées et les DOI de chaque article.
3. Un comité éditorial peu structuré ou inactif
Certaines revues n’ont pas un comité représentatif ou leurs membres ne participent pas réellement.
Solution
Définir des rôles clairs : rédacteur en chef, éditeurs de section, gestionnaire éditorial, etc.
Inclure des membres internationaux pour renforcer la crédibilité.
Organiser des réunions éditoriales régulières.
4. Un processus d’évaluation par les pairs non rigoureux
Absence de double aveugle, manque de reviewers qualifiés, ou retours trop superficiels.
Solution
Adopter le double-blind peer review.
Établir une base de reviewers africains et internationaux.
Former les évaluateurs aux bonnes pratiques.
5. Une mauvaise qualité rédactionnelle des articles
Problèmes de langue, de structure, de citations ou de méthodologie.
Solution
Exiger un niveau minimal de rédaction scientifique.
Recommander aux auteurs un service de relecture.
Utiliser des logiciels anti-plagiat (iThenticate via Crossref).
6. Une faible visibilité en ligne
Sites web mal construits, non sécurisés, ou non adaptés aux mobiles.
Solution
Utiliser une plateforme fiable : OJS, Janeway, SciELO, etc.
Optimiser le référencement (SEO).
S’assurer que le site fonctionne même avec une connexion faible (réalité de nombreux pays africains).
7. Un non-respect des standards internationaux
Absence d’ISSN, politique éditoriale imprécise, absence d’archivage.
Solution
Obtenir un ISSN pour la version en ligne.
Publier clairement les politiques (éthique, plagiat, rétractation, droits d’auteur).
Mettre en place un système d’archivage certifié (PKP PN, LOCKSS, Internet Archive).
8. L’absence d’indexation dans les bases appropriées
Beaucoup de revues africaines ignorent les plateformes essentielles.
Solution
Viser DOAJ, AJOL, Google Scholar.
Plus tard : Scopus, Web of Science, Dimensions.
Respecter les critères avant de postuler.
9. Un financement fragile ou inexistant
La plupart des revues dépendent d’un seul financeur ou fonctionnent sans budget.
Solution
Diversifier les sources : institutions, projets, partenariats, formations payantes.
Professionnaliser le métier de gestionnaire éditorial.
Mettre en place une stratégie de durabilité financière.
10. Une communication insuffisante avec les auteurs et la communauté scientifique
Les revues africaines souffrent souvent d’un manque de communication professionnelle.
Solution
Créer une newsletter.
Publier régulièrement sur les réseaux sociaux.
Informer les auteurs de chaque étape du processus éditorial.
Conclusion
L’Afrique dispose d’un vivier immense de chercheurs, d’idées novatrices et de talents.
Cependant, pour que les revues scientifiques du continent puissent rivaliser à l’échelle internationale, elles doivent impérativement adopter les standards internationaux, structurer leur gouvernance et professionnaliser leurs processus.
En évitant ces dix erreurs courantes, les revues africaines peuvent améliorer leur crédibilité, augmenter leur visibilité et jouer pleinement leur rôle dans la production du savoir mondial.